- Il y a quelqu'un, ici? - Non, personne, répond ce quelqu'un qui veut se faire passer pour rien.
Le mot est chargé d'éthique. Une personne est une fin en soi. Sa dignité appelle le respect. Elle est nécessairement singulière : même deux jumeaux ayant les mêmes gènes sont deux personnes distinctes. Ce ne sont pas les gènes qui font les personnes, mais ce qui fait la personne n'est pas qualifiable, même par consensus.
Il faut faire l'expérience d'un visage, d'un face-à-face ou d'un acte (par exemple le pardon) pour désigner la personne.
Même absente ou morte, une personne dit encore "je". C'est ainsi que se produit la transition du premier au second sens de "personne" : la voix absente, celle de personne, continue à donner des ordres. C'est de cette personne absente ou morte qu'on hérite (car nul ne peut hériter d'un vivant). Elle possède une étrange présence, différente de celle de la présence vivante privilégiée par la phénoménologie.
Les nouvelles technologies induisent de nouveaux questionnements sur la personne.
Dans certaines langues, il n'y a pas de mot pour la personne : par exemple en hébreu : on dit "je", et Elohim lui-même dit "je".
|