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TABLE des MATIERES : |
NIVEAUX DE SENS : | ||||||||||||||||
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Communauté vocale | Communauté vocale |
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| Source : |
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| Pascual Pariselli - "L'avenir des spectres", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 14 décembre 1995 | La voix consume l'espace commun |
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- La voix est un incendie. Elle forme un espace brûlant qui lui est propre, elle s'y déploie et le détruit dès qu'elle est passée. Il n'en reste que des cendres. Du simple fait de sa soudaine présence, elle sempare de lespace qui sépare les êtres. Cette saisie instantanée ressemble à lexplosion dun gaz dans un espace clos. Elle suppose une formidable énergie, dont la source est la fission du sujet. Comme la rupture dun atome dhydrogène ou duranium, cette fission dégage une infinité de particules dont les effets se feront sentir très longtemps. Au moment où elle échappe à notre contrôle, où elle envahit lespace, le jet de flamme vocal nous partage. Ce partage nest pas un effet en retour; cest la voix elle-même. Dun côté elle se répand comme un champignon, de lautre côté elle nous scie. Un espace commun peut-il se dissoudre? Ne laisse-t-il aucune trace? |
Bengt Lindström montre dans Ropet (1991) lhorreur de ce processus incontrôlable. La voix entraîne dans sa consomption lespace, mais aussi la bouche dont les effets imprévisibles deviennent menaçants et quil faut à tout prix retenir avec le reste du corps. Dieu quil est difficile dinstrumenter ma propre bouche! Je cherche à la retenir, en dépît de tout. Mais il en va de la nature même de la voix comme de celle de la flamme; on ne la retient pas entre ses mains, sauf à se brûler jusquà los. Les représentations conventionnelles du dragon le montrent crachant du feu, et menaçant les êtres humains dans leur vie et leur organisation sociale. Le tableau de Victor Brauner daté denviron 1930, Composition en est un bon exemple. Un groupe dhommes est réfugié en haut dune montagne, dans un espace circulaire qui délimite une sorte de village. Le dragon, énorme, les attaque; ils se serrent les uns contre les autres, mais ne séchappent pas du cercle. Ce qui est menacé est ici le groupe, la communauté. Le dragon sest approprié la voix collective et la faite régresser à sa composante primitive : la flamme brûlante. Le dragon de St Georges, lui, semble inverser la proposition. Il ne crache pas le feu. Au contraire, il sincorpore lénergie des jeunes gens de la cité quil dévore. Il sattaque à lavenir de la cité en lui soustrayant son feu intérieur : la jeunesse. La méthode diffère, mais le résultat est le même. Ce dragon est un empêcheur de vivre ensemble de manière civilisée, et St Georges le détruira en lui enfournant une lance ou une épée dans la bouche, cest-à-dire en récupérant pour la cité lusage de la voix collective. Mais cette récupération ne prive pas totalement la voix de sa capacité incendiaire. Celle-ci reste toujours latente. Il y a toujours un dragon tapi dans la cité, qui nous oblige à prendre garde à la parole. Dans certains cas, la voix est représentée par une simple flamme, modeste et sage, comme la flamme dune bougie. Contrairement au feu incendiaire, la voix est limitée dans lespace. Elle est contrôlable, contrôlée, éclairante. Cest la voix de la raison, la voix de la sagesse, une lumière. On en trouve un exemple dans la petite flamme que Van Gogh a placée sur une chaise, dans son tableau intitulé Le fauteuil de Gauguin (1888). Cette flamme est la voix de Gauguin dont Van Gogh regrette labsence. Cest une petite voix éclairante, calmante, sécurisante. Cest un guide transfiguré par la nostalgie. Ce nest plus la voix réelle qui nous entraîne dans une consomption spatiale, cest une voix retenue, domestiquée, une petite flamme symbolique comme celle dun cierge, morte comme la religion mais vivante comme la mémoire. Ce thème est confirmé par lusage de la petite flamme par Victor Brauner dans Offrandes des contraires. Le feu est à la fois la voix de lau-delà et lau-delà de la voix. Le thème de la tête enflammée illustre la plupart du temps une idée de lau-delà. Une tête qui brûle est lantichambre de la mort. La façon dont le symbole du feu est utilisée dans le Contemporain conduit à lobjet (e). Cest un symbole de violence, de destruction, de béance, de non-sens. Vorba, de Victor Brauner, montre lespace vocal comme clôture. Enflammer cet espace, cest faire passer un peu de souffle. |
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Création
: Qylal |
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Idixa
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Pascual VoixCommunaute MC.PMM Q.feu Rang = Q_consume |
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