Derrida
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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, eschatologie, messianique                     Derrida, eschatologie, messianique
Sources (*) : S'entendre parler               S'entendre parler
Jacques Derrida - "D'un ton apocalyptique adopté naguère en philosophie", Ed : Galilée, 1983, pp60-63

 

Kant, statue de Koenigsberg -

Faire effraction dans la scène apocalyptique

La voix, qui meurt quand elle s'entend, est eschatologique en elle-même : c'est toujours la première et la dernière voix

Faire effraction dans la scène apocalyptique
   
   
   
Derrida, la voix Derrida, la voix
               
                       

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Dans une intervention où il commente le texte de Kant, D'un ton grand seigneur adopté naguère en philosophie (1796), Jacques Derrida insiste sur le ton. Le ton est la trace d'un désir, d'un affect, d'une tension, d'un pathos ou d'une voix - ce qu'une philosophie neutre, rigoureuse, démonstrative, aura tendance à écarter. Kant "s'en prend à un ton qui annonce quelque chose comme la mort de la philosophie" (p19). Un ton exalté, mystique, visionnaire, métaphorique, ce serait un danger de mort pour la philosophie, l'imminence de sa fin. Kant dénonce les mystagogues qui spéculent sur la fin de la philosophie, ceux qui tentent de séduire avec un mystère, un secret qui restera inaccessible, crypté. Ces "grands seigneurs" qui élèvent la voix n'ont pas à travailler le concept, ils se contentent de l'intuition. Face à ces oracles, Kant en appelle à la voix de la raison, une voix qui s'entend directement, au plus proche, sans initiation. En se présentant à chacun dans la transparence, cette voix autonome de la raison pratique kantienne, directement et également audible en tout homme, tenant à tous le même langage, sans équivoque et sans condition, s'accorde à l'essence de la voix. C'est la voix en général - la voix comme telle.

Mais ces deux voix, la voix oraculaire et la voix de la raison, sont-elles vraiment différentes? Ne partagent-elles pas la même structure? C'est la question posée par Derrida. Quand on parle, même dans la plus grande solitude, c'est toujours comme si on était deux. Un premier homme parle et un autre, le dernier (en lui et en-dehors de lui), entend. S'adressant à lui-même, le premier envoie un message (une question) au dernier. Il ne s'attend pas à une réponse, car dans l'instant où la voix revient vers le premier, le dernier a disparu, il est déjà mort. "La réponse à cette question est peut-être impossible parce que jamais elle ne se laisse attendre" écrit Derrida (p63). Cette réponse qui était déjà appelée, promise dans la question et peut-être même avant la question, il est impossible qu'elle arrive au destinataire, qui s'est déjà effacé. Quand je m'entends parler, je mets en mouvement une structure qu'on peut déjà qualifier d'eschatologique ou d'apocalyptique, car elle suppose la fin d'un monde, la mort du destinataire auquel elle s'adresse.

La statue de Kaliningrad (Königsberg) représentant Emmanuel Kant (réplique de la sculpture de Christian Daniel Rauch détruite en 1945).

 

 

Il en résulte une double conséquence : a/ La dimension eschatologique et apocalyptique critiquée par Kant (même s'il n'emploie pas ces mots-là) pourrait être l'une des caractéristiques de la voix en général. b/ La voix de la raison et la voix de l'oracle, distinctes en principe, se rejoignent dans cette injonction eschatologique.

Kant n'était-il pas progressiste? Ne croyait-il pas en l'avenir d'une autre métaphysique, d'une autre philosophie? La voix de la raison dont il se voulait le porte-parole n'a jamais cessé, du 19ème au 21ème siècle, d'annoncer et de promettre d'innombrables fins : la fin de l'histoire, de Dieu, de la religion, de la morale, de la lutte des classes, etc. Si ce ton apocalyptique n'est pas isolé, mais généralisé dans la culture occidentale, c'est parce qu'il résonne avec la dimension eschatologique de l'essence de la voix.

 


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