Derrida
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook Le cinéma en déconstruction, suivre sur Facebook

 

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
CinéAnalyse : En donnant lieu au silence                     CinéAnalyse : En donnant lieu au silence
Sources (*) : Le cinéloft du Quai               Le cinéloft du Quai
Pierre Delain - "Le cinéma sans condition", Ed : Guilgal, 2018, Page créée le 17 décembre 2016

[(CinéAnalyse) : En donnant lieu au silence]

   
   
   
                 
                       

Pour l'acquťrir, cliquez

sur le livre

logo

 

1963.

- Le silence (Ingmar Bergman).

C'est un film bavard qui joue sur le contraste entre deux sœurs qui ne cessent de se disputer, l'une sensuelle, addictive au sexe, et l'autre intellectuelle, tourné vers l'autoérotisme (célèbre scène de masturbation féminine). La première a un fils, Johan, qui navigue entre les deux. Il aime sa mère, se serre contre elle, mais c'est avec sa tante qu'il parle, et c'est cette tante, traductrice de profession, qui lui laisse avant de mourir une courte lettre : Pour Johan, mots dans une langue étrangère. Avant leur séparation, elle lui aura dit : Tu comprendras. La tâche de Johan, c'est de traduire ce silence. Il n'aura pas d'autre élément que celui-là. En l'absence de réponse de sa tante comme de sa mère, il lui faudra apprendre d'autres langues pour porter ce silence.

 

1966.

- Persona (Ingmar Bergman).

Une actrice célèbre, Elisabet Vogler, s'arrête soudainement de parler. Chacun peut imaginer ses motivations, mais elle ne confirme jamais, elle ne répond pas, elle reste enfermée dans son mutisme. Une jeune infirmière, Alma, la prend en charge et lui fait la conversation. Cette relation dissymétrique où l'une parle sans arrêt et l'autre ne dit rien finit par devenir insupportable pour Alma qui agresse Elisabet, exige une réponse, lui dit ce qu'elle croit être sa vérité. Elisabet ne répond toujours pas, sauf un mot à la fin du film, rien, qu'Alma lui a suggéré. Ce mot signifie que, même si elle parle, elle ne partage rien de ce qui doit rester secret.

 

1977.

- Trois femmes (Robert Altman).

 

1992.

- La leçon de piano (Jane Campion).

 

2012.

- Camille Claudel (Bruno Dumont).

 

2017.

- The lost City of Z (James Gray).

- Le goût du ciment (Ziad Kalhoum).

 

2019.

- It must be heaven (Elia Suleiman).

---

Ces films invitent à distinguer entre le silence et le mutisme. Le silence, c'est quand il n'y a rien à dire ou quand il vaut mieux ne rien dire. C'est ce qui arrive pour le personnage principal du film d'Elia Suleiman, It must be heaven. ou pour Willie, dans Trois femmes (Altman). Plutôt que de parler, il vaut mieux faire des films ou des dessins. Mais dans Persona (Bergman), Elisabet fait tout autre chose : elle ne répond pas. Son pouvoir, comme celui des forces anonymes du goût du ciment (Ziad Kalhoum), tient au sceau dont elle réussit à maintenir l'emprise sur ses lèvres.

--------------

Propositions

--------------

-

Trois femmes (Robert Altman, 1977) : En laissant à la femme silencieuse son lieu, son pouvoir, on peut se dégager des rôles, des stéréotypes sexuels et sociaux

-

Le silence (Bergman, 1963) - Ce qui reste silencieux ne peut s'écrire que dans une langue étrangère, intraduisible

-

"It must be heaven" (Elia Suleiman, 2019) - Puisque le monde ne répond plus, je ne peux l'interroger qu'en parfait étranger, par le langage pur du cinéma

-

Le goût du ciment (Ziad Kalthoum, 2017) - Du vacarme de la guerre, on ne peut rien dire : elle ne répond pas

-

Persona (Ingmar Bergman, 1966) - Ce film qui se termine par "rien" déclare, au-delà de tous les simulacres, rôles ou jeux sociaux, la valeur incommensurable de ce "rien"

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
   
 
 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Guilgal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

CineHantise
HerbertPrincipes

AA.BBB

CineLoft

SN.NNL

LI_HerbertPrincipes

Rang = YZHerbertPrincipes
Genre = -