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Derrida, médias, télé - technique                     Derrida, médias, télé - technique
Sources (*) : Derrida, le politique               Derrida, le politique
Jacques Derrida - "L'autre cap", Ed : Minuit, 1991, pp123-4

 

Les medias selon Haring -

La démocratie à venir, au - delà du politique

Il se pourrait que dans une démocratie à venir, encore ajournée, le "jour" de l'opinion publique et des médias, avec ses effets télémétathéoriques, se détache du présent

La démocratie à venir, au - delà du politique
   
   
   
               
                       

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Interrogé sur l'opinion publique aujourd'hui, dans un entretien qu'il accorde en janvier 1989 aux journalistes Olivier Salvatori et Nicolas Weill sous le titre La démocratie ajournée, Jacques Derrida insiste sur la dimension du jour : "Oui, vous avez raison de préciser : aujourd'hui, au jour d'aujourd'hui. Quant au rythme, au médium et d'abord à l'histoire de l'opinion publique, il s'agit de la question du jour" (L'autre cap, p103). La question du jour, telle que définie dans ce texte, c'est celle de la visibilité dans l'espace public. Ce qu'on nomme opinion publique peut, par le biais des médias, envahir cet espace; mais les recherches universitaires les plus pointues, difficiles, peuvent être exclues de la scène, privées du jour. Cette privation, qui frappe d'illisibilité certains travaux, les condamne au statut d'œuvres quasiment privées, est vécue [par les auteurs ou les lecteurs de ce type d'œuvre] comme une souffrance, un désastre.

La dimension du jour est liée pour Derrida à la présence immédiate de la parole. L'opinion est éphémère, elle peut changer de jour en jour, au jour le jour. Son rythme n'est pas celui de la représentation politique : un jour donné, l'opinion publique peut être en avance sur le résultat des élections, elle peut le confirmer ou le contredire. Jamais présente à elle-même, l'opinion publique est un artefact, un spectre. Ne parlant pas à la première personne, elle est ventriloquée par d'autres (les médias, les sondages, les commentateurs), qu'elle conteste. Elle ne peut se manifester qu'aux limites des institutions.

Pour se faire entendre aujourd'hui, de nos jours, pour avoir l'opportunité d'être vue au grand jour, il faut à l'opinion publique un certain environnement : la démocratie, la liberté d'expression, la possibilité de faire un usage public de la raison, le droit de réponse, le soutien de la presse, de la télévision et des institutions qui lui procurent sa lisibilité. Son pouvoir est toujours indirect, potentiel. Chaque jour, il faut réinventer ces conditions en luttant contre les censures, les jugements stéréotypés et les normes de la culture. Cela permet la libre expression dans l'espace public, avec le risque que l'"opinion publique", [ce pharmakon], ne devienne elle-même porteuse des censures et des normes.

Les médias selon Keith Haring.

 

 

Après cette analyse critique des médias et de l'opinion publique, Derrida introduit brutalement, à la fin de l'interview, une toute autre dimension : "Et encore un mot, si vous le permettez, celui-là même que vous m'avez donné pour commencer, aujourd'hui. Déjà les jours sont comptés : à une autre vitesse, le jour s'annonce où le jour touche à sa fin. Le jour s'annonce où le jour (la visibilité de l'image et la publicité du public mais aussi l'unité de rythme quotidien, mais aussi la phénoménalité du politique, mais aussi peut-être et du même coup son essence même) ne sera plus la ratio essendi, la raison ou la ration des effets télémétathéoriques dont nous venons de parler". (L'autre cap pp123-4).

Deux questions :

1. Qu'est-ce que cet effet télémétathéorique ? Résumons : qu'il s'agisse de l'opinion publique ou de la recherche universitaire, le passage par les médias suppose violence interprétative, simplification abusive, cadrage du droit de réponse. "La presse est partout aujourd'hui : elle (se) donne en tout cas (pour) le jour même. Elle donne jour à l'espace public, à sa publicité. Elle donne jour au jour même" (p122). Ce qui, pour Derrida, est "clair comme le jour", "présentement", c'est que ces dispositifs techniques et médiatiques hérités des Lumières, tels qu'ils fonctionnent aujourd'hui, ce sont aussi des dispositifs d'aveuglement. Comme l'opinion publique, la pensée théorique est soumise à cet effet télévisuel qui se présente comme métavisuel, métathéorique.

2. Que se passait-il en 1989 qui vienne justifier l'annonce quasi-prophétique par laquelle l'entretien se clôt ? De quelle esquisse d'une autre raison, d'une autre phénoménalité médiatique, d'une autre vitesse, serions-nous les contemporains ? C'est une conclusion qui reste obscure, et qu'on ne peut qu'interpréter a posteriori. La crise des systèmes médiatiques, devenue patente dans les années 2000 avec l'Internet, d'une part aggrave les phénomènes de mise au jour décrits par Derrida, et d'autre part ouvre d'autres temporalités. Le titre, La démocratie ajournée, laisse entendre (ou espérer) une transformation du politique où, par ajournement, le jour se détacherait du présent.

 


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