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Sources (*) :              
Guideon Berto - "La Bague ouverte", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 10 septembre 2017

 

Le grand pardon (Yom Kippour, Alphone Levy) -

En hébreu, le mot "techouva", souvent traduit par "repentir" ou "repentance", signifie "retour" ou "réponse"

   
   
   
                 
                       

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La techouva (hébreu תשובה, « retour » ou « réponse ») n'est pas la repentance. Parler de "repentance" renvoie à des références chrétiennes : culpabilité, châtiment, sanction, voire auto-flagellation. Mais "repentance" se dit en hébreu "'haratah" et non techouvah. "'Haratah" implique le remord, le sentiment de culpabilité pour le passé, tandis que "techouva", du verbe "chouv", renvoie avant tout à l'idée de retour. Retour vers quoi? Ce n'est pas précisé. Ce peut être vers Dieu, vers son prochain, vers la Tora, vers la communauté, vers un lieu où l'exil prendra fin, vers soi-même. Il n'y a dans ce retour aucun fatalisme. La techouva est une re-naissance, un recommencement qui ne dépend que de la personne impliquée, sans aucun intermédiaire d'aucune sorte. Une autre personne, réconciliée, peut surgir en épousant la techouva (le "baal techouva", son époux). Il faut pour cela :

- prendre conscience, reconnaître (vidouy (ודה)) ses fautes, ses erreurs. Ce n'est pas une confession dirigée vers autrui, c'est une verbalisation dirigée vers soi-même, une anamnèse. Le passé est restera ineffaçable, mais il faut s'en souvenir pour que de nouvelles possibilités émergent. Le mot "techouva" signifie aussi "réponse". Pour ouvrir la possibilité du pardon, il faut répondre, avec responsabilité, à un appel, une convocation, un questionnement. Mais ce n'est qu'une possibilité : l'incertitude sur le pardon ne sera jamais levée.

- s'engager à ne pas récidiver : la techouva n'est jamais définitive, elle est toujours à refaire.

La tradition talmudique distingue entre les fautes commises envers Dieu, qui peuvent être pardonnées par une techouva sincère, et les fautes commises envers autrui, qui exigent, en plus de l'anamnèse, une demande explicite de pardon ainsi que la réparation du préjudice. Mais il reste toujours, à l'horizon de la techouva, de l'impardonnable, soit à cause de la nature de l'acte (par exemple un homicide), soit pour une autre raison, imprévisible.

La période la plus exigeante du calendrier hébraïque, entre Roch Hachanah (nouvel an) et Yom Kippour (en hébreu : le jour des expiations; kipper signifie absoudre, effacer une faute, apaiser), est nommée les dix jours de techouva. De nombreux Juifs (les "Juifs de Kippour") ne se rendent à la synagogue que ce jour de l'année.

On trouve le mot "techouva" dans deux citations, au début de la bible hébraïque et à la fin.

- Dieu dit à Caïn "Si tu t'améliores tu pourras te relever, sinon le péché est tapi à ta porte; il aspire à t'atteindre mais toi, sache te dominer!"(Genèse 4:7) [A noter que le mot "het", en hébreu, traduit ici par péché, évoque plutôt l'idée d'erreur, d'inattention, d'irresponsabilité].

- "Que tu retournes à l'Eternel, ton Dieu, et que tu obéisses à sa voix en tout ce que je te recommande aujourd'hui - toi et tes enfants, - de tout ton coeur et de toute ton âme, l'Eternel, ton Dieu, te prenant en pitié, mettra un terme à ton exil, et il te rassemblera du sein des peuples parmi lesquels il t'aura dispersé." (Deutéronome 30:2-3).

De ce dernier verset, on a déduit que "faire techouva", comme on dit, faisait partie des 613 commandements de la Tora (mitsvot). L'allusion à la fin de l'exil montre que la techouva n'est pas seulement personnelle, il y a aussi en elle une dimension messianique.

 

 

Un maître du Talmud, Abahou, enseigne que « là où se tient l'homme qui a fait techouva, même les justes parfaits ne sauraient tenir » (Talmud de Babylone, Bérechit Rabba, 34b). [Celui qui se repentit pour ses fautes est plus méritant que celui qui n'en commet aucune].

Autre anecdote talmudique : On demanda à la Hokhmah, la Sagesse : « Qu’adviendra-t-il d’une âme qui a fauté ? » La Hohkmah répondit : « Le fauteur ; le mal le poursuivra », indiquant ainsi qu’il sera constamment hanté par sa faute. On posa la même question à la prophétie. Elle répondit : « Le fauteur devra mourir ! » On posa la même question à la Torah qui répondit : « Qu’il apporte un sacrifice et le pardon lui sera accordé. » Enfin, on demanda à D.ieu ! D.ieu répondit : « Qu’il fasse Téchouva, qu’il retourne à D.ieu et il sera pardonné. » (Talmud de Jérusalem, Makot 11a). [La réponse de Dieu n'implique aucun calcul, aucune réciprocité, aucune vengeance. Mais dans cette série, la quatrième réponse n'annule par les trois précédentes. Il ne suffit pas de revenir à Dieu, il faut aussi mettre en œuvre des compensations].

 


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