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DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Lévinas : "Il faut" l'inconditionnel                     Lévinas : "Il faut" l'inconditionnel
Sources (*) : Derrida, Lévinas               Derrida, Lévinas
Jacques Derrida - "Psyché, Inventions de l'autre (tome 1)", Ed : Galilée, 1987, p185, En ce moment même dans cet ouvrage me voici

 

Femme du Caucase (Alexander Roinashvili) -

Derrida, inconditionnalités, principes inconditionnels

Ce qui aura fait oeuvre dans l'oeuvre d'Emmanuel Lévinas, c'est qu'"Il aura obligé" à penser une autre manière de penser l'obligation du "Il faut", une autre manière de penser l'oeuvre

Derrida, inconditionnalités, principes inconditionnels
   
   
   
               
                       

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"Il aura obligé". Jacques Derrida commence son texte sur Lévinas (En ce moment même dans cet ouvrage me voici) par cette phrase au futur antérieur. "Il aura obligé". La phrase est obscure, indéterminée, énigmatique. Elle n'a ni sujet nommable, ni complément, ni attribut. On ne sait pas à quoi "il aura obligé", on ne connaît pas le contexte. Aura-t-il obligé, simplement, à recevoir cette phrase? En tous cas il faut bien que cette phrase ait été un événement pour que Derrida la mentionne ainsi, un événement étrange qui vient de très loin et arrive "en ce moment même", sans passé ni avenir identifiables. Dans cette phrase, d'un coup, un tout autre arrive et la déborde infiniment. Mais le visiteur est laissé à lui-même, il ne trouve aucun contrat préalable, aucun protocole préétabli, pour l'interpréter.

Alors que fait-il? Que fait Lévinas? Un ouvrage, un livre, une oeuvre. C'est Lévinas qui, dans les deux dernières pages d'"Autrement qu'être", parle du "présent ouvrage", mais c'est Derrida qui insiste sur cette formulation, jusqu'à en faire un point d'entrée dans la singularité extrême de l'oeuvre lévinassienne.

"J'interromps un instant [c'est Derrida qui écrit, avant de citer dans leur intégralité les deux dernières pages d'Autrement qu'être] : "dans le présent ouvrage" [toujours Derrida qui cumule les guillemets et les italiques, que Lévinas ne met pas] s'est donc présenté l'imprésentable, une relation avec l'Autre qui fait échec à tout rassemblement dans la présence, au point où aucun "ouvrage" ne peut se relier ou se refermer sur sa présence, ne peut se tramer ou s'enchaîner pour faire livre. Le présent ouvrage fait présent de ce qui ne peut être donné que hors livre. Et même hors cadre. (...) Mais ce qui déborde vient de s'annoncer - c'est l'annonce même, la conscience messianique - sur le bord interne de cet énoncé, sur le cadre du livre sinon en lui. Et pourtant ce qui s'ouvrage du présent ouvrage ne fait oeuvre qu'au-dehors du livre" (Derrida, En ce moment même en cet ouvrage me voici, in Psyché 1, p183).

(Beau visage d'une femme du Caucase, vers 1900).

 

 

Puis Derrida continue à citer Lévinas, en soulignant par des italiques les récurrences du "Il faut". Le livre de Lévinas, dit-il, (son oeuvre), ne peut pas se refermer sur lui-même. Il n'a lieu que dans la série des "en ce moment", dans cette sérialité vouée à un dehors [A noter que le titre du dernier chapitre de Lévinas, le chapitre VI, est justement "Au dehors"], dans ce dérangement, ce déboîtement, cette désarticulation.

Puis Derrida met trois questions successives dans la bouche de son interlocutrice :

- "Dira-t-on de "cet ouvrage" qu'il fait oeuvre? A partir de quel moment? De quoi? De qui?"

- "Est-ce lui, "il" qui alors fait oeuvre? De lui que l'oeuvre répond? De lui qu'on aura dit "Il aura obligé"?"

- "Accepterait-il que je remplace "il" par Emmanuel Levinas pour dire (ce) qui aura fait oeuvre dans son oeuvre? Sera-ce une faute, quant à "il" ou quant à lui, E.L.?"

Et le voilà qui répond, lui-même, en son nom (p186) :

- Maintenant, j'écris, sous ta dictée, "l'oeuvre d'E.L. aura obligé".

Et donc tous ces signataires de l'oeuvre, le "il", le "me voici", le "je", le narrateur du dialogue, les voici remplacés par l'oeuvre elle-même. Celui qui aura pensé l'oeuvre dans l'oeuvre d'Emmanuel Lévinas, celui qui nous aura obligé, ce n'est pas l'un de ces signataires ou un autre, c'est l'oeuvre elle-même - et c'est pourquoi, peut-être, le féminin s'impose à la fin (dans la langue française) : Elle aura obligé. Or ce "Elle", l'oeuvre, c'est aussi l'illéité, ce "Il" énigmatique qui ne se présente jamais autrement que dans l'oeuvre.

 


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VLEvinasIlFautOblig

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