Derrida
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TABLE des MATIERES :

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CinéAnalyse : Paralyse auto - hétéro - bio - thanato                     CinéAnalyse : Paralyse auto - hétéro - bio - thanato
Sources (*) : Le cinéloft du Quai               Le cinéloft du Quai
Pierre Delain - "Le cinéma sans condition", Ed : Guilgal, 2018, Page créée le 13 janvier 2020

 

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La paralyse de Freud : AutoHétéroBioThanato - - graphie

[(CinéAnalyse) : En restant paralysé, quelque part entre vie et mort, à l'arrêt devant une différance dangereuse]

La paralyse de Freud : AutoHétéroBioThanato - - graphie
   
   
   
"La vie la mort" : graphies d'alliance "La vie la mort" : graphies d'alliance
                 
                       

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On trouve dans certains films ce moment où dettes, devoirs, obligations et contraintes de tous ordres s'imposent à quelqu'un d'une façon si puissante qu'il ne peut plus rien faire, qu'il ne lui reste aucune autre solution que de tout arrêter. S'il s'immobilise, s'il ne bouge plus, s'il reste à sa place comme un hérisson au milieu de l'autoroute, peut-être est-ce que tout va s'arrêter. Jacques Derrida a analysé un moment de ce type dans le travail de Freud, quand devant l'insistance de la pulsion de mort, à un moment où tout dans son environnement le reconduisait vers cette issue finale (y compris pour lui-même), il se trouvait au milieu du chemin sans pouvoir ni avancer ni reculer. Son texte Au-delà du principe de plaisir témoigne de cette paralysie. Il l'écrit pourtant, en précisant qu'il n'a pas d'autre choix que de continuer à travailler en faisant comme si ce problème n'existait pas.

 

1936. Il Caso Valdemar (Giani Hoepli & Ubaldo Magnaghi).

Dans son texte publié en 1845, The Facts in the Case of M. Valdemar, Edgar Poe introduit une période de 7 mois entre l'endormissement de Valdemar, sa première mort, et son réveil, deuxième mort. Cette longue période s'explique, selon le texte, par l'hypnotisation ou la magnétisation de Valdemar. Allan (le narrateur, qui probablement n'est autre que Edgar Allan Poe) n'a donné aucun ordre à Valdemar, il ne l'a pas soumis à son influence, il l'a juste endormi. Le résultat n'est pas sa mort, c'est l'abolition de la temporalité du mourir. Le temps a passé pour les observateurs, mais pas pour Valdemar. Il est mort (en tous cas c'est lui qui le dit), mais cette mort a été paralysée, le processus de la mort (le mourir) a été empêché. Il n'y a pas de mot pour dire ce qui en a résulté : un moment intermédiaire, impensable et indicible.

 

1963. Huit et demi (Federico Fellini).

Les cinq graphies sont toutes impliquées dans ce film, elles se combinent, se neutralisent. Le réalisateur raconte son histoire, il est en position d'autobiographie, d'alliance avec lui-même. Mais dans le même temps, comme Freud, il est pris dans une pléthore d’engagements qu’il ne contrôle pas : à l’égard de lui-même, du producteur, des acteurs, du public, de sa femme, de sa maîtresse, des critiques, des médias, etc. C'est l'auto-hétéro-bio-thanato, côté gauche de la sixième graphie. Le réalisateur ne peut ni respecter ses engagements qui viennent du dehors (hétéro), ni s’en défaire totalement (auto). Il mélange ses souvenirs, ses fantasmes, le film, la réalité, conformément au titre initial du film :La bella confusione(Le beau désordre).

Le réalisateur est incapable de prendre une décision, qu’il s’agisse du scénario, des décors, du casting, etc. Il s'attend à ce que les décisions se prennent d'elles-mêmes, sans que jamais il ne tranche volontairement, consciemment. Au bout du compte, tout cela réuni, en tant que film c'est-à-dire en tant qu'œuvre, la graphie fonctionne, c'est une réussite formidable. L’athèse est plus productive, plus créative, que la thèse. C'est cela la principale mise en abyme : pour faire, il faut montrer l'impossibilité de faire. Pour trancher, il faut en passer par la paralysie, et il faut aussi s'adresser à un spectateur virtuel. C'est le côté otobiographique du film, qui fait durer la paralyse du réalisateur.

 

1966. Andrei Roublev (Andrei Tarkovski)

  Andrei Roublev mettra des décennies avant de commencer à peindre.

2018. Heureux comme Lazzaro (Alice Rohrwacher)

Lazzaro reste 20 ans endormi, pendant que le temps passe pour tous les autres. C'est la fécondité invisible de ce temps inutile, perdu.

 

2019. A létezés eufóriája (Réka Szabo).

Avant de témoigner de son expérience et de reprendre la danse, Eva attendra presque 8 décennies. Entre-temps, elle sera passée, comme le réalisateur de Huit et demi, par toutes les graphies.

 

 

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Propositions

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Il Caso Valdemar (Gianni Hoepli & Ubaldo Magnaghi, 1936) - Le "mourir" de Valdemar, suspendu pendant 7 mois, est encadré par deux énonciations impossibles : "Je suis mort"

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Huit et demi (Federico Fellini, 1963) - La paralyse - ce temps de fermentation ou de bouillonnement qui est aussi la khôra du réalisateur

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Heureux comme Lazzaro (Alice Rohrwacher, 2018) - Tu répondras à l'autre, dans l'irresponsabilité la plus absolue

 


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