Derrida
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L'écranophile en voix off                     L'écranophile en voix off
Sources (*) : CinéAnalyse : Sur les figures du mal radical               CinéAnalyse : Sur les figures du mal radical
Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Guilgal, 1988-2019, Page créée le 6 janvier 2021

 

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CinéAnalyse : violence

Halloween (John Carpenter, 1978) - Insensible, muette, masquée, sans cause ni raison, la figure du mal s'en prend prioritairement à sa propre famille

CinéAnalyse : violence
   
   
   
CinéAnalyse : duplicité du mal, irréparable et réparable CinéAnalyse : duplicité du mal, irréparable et réparable
                 
                       

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Michael Myers (six ans) assassine sa sœur Judith à coups de couteaux de cuisine. L'assassin, présenté dans le film comme une figure du mal, n'est pas anonyme. Il a un nom, une identité civile, mais la question se pose de savoir s'il est vraiment une personne. On ne sait rien de lui, rien des conditions dans lesquelles il a été élevé, il a vécu, rien de sa famille, rien de ce qui aurait pu le transformer en meurtrier. L'était-il depuis sa naissance ou l'est-il devenu ? On l'ignorera. On peut supposer, d'après son nom et son environnement, que c'est un enfant comme les autres, un enfant quelconque dans un quartier quelconque dans une ville quelconque où toutes les maisons se ressemblent. S'il est le mal, pour reprendre l'expression du psychiatre Samuel Loomis qui l'a suivi pendant 15 ans, alors c'est un mal incompréhensible, sans racine, sans cause, sans justification. C'est comme si ce mal n'était déclenché par rien, comme s'il n'avait pas de passé antérieur au crime. Il est simplement là, pure présence, présence insistante, jamais complètement omise, même en son absence. À la fin du film, Michael Myers ne meurt pas, il peut toujours revenir.

C'est un film qui montre la nouvelle génération de la fin des années 70 (sexe, drogue, insouciance), réalisé par un homme à peine plus âgé (John Carpenter avait une trentaine d'années au moment du tournage). À l'exception de Laurie, la babysitter, cette génération vit dans un autre monde que celui des parents. Michael Myers, ce jeune enfant qui est aussi le tenant-lieu du réalisateur, participe de cette génération. Il la comprend de l'intérieur, mieux que les parents, ce qui lui permet de la condamner absolument, y compris Laurie qui pourtant se tient éloignée des rituels adolescents. Il leur dit : vous êtes mauvais, le mal est déjà en vous, donc j'ai le droit de vous tuer. Il prend acte de l'effacement de l'ancien système de valeurs pour soutenir qu'il n'y a plus de valeurs - sans se rendre compte de l'émergence de nouvelles valeurs qui pourraient aussi faire système.

On peut se demande pourquoi, dans cette situation, Michael Myers tient d'abord à punir les siens (sa ville, sa maison, ses voisins). Il fallait qu'il ne soit pas étranger à leur désir, que leur dépravation soit aussi sa dépravation, qu'il ait, d'abord, découvert ses pulsions destructives en eux.

Michael Myers masqué, caché dans l'intimité des draps.

 

 

Si Michael Myers est le mal, comme le prétend le docteur, alors le mal n'est ni un processus, ni une valeur qui puisse rentrer dans un système de valeurs (par exemple opposé au bien), c'est une personne. Il ne s'agit pas d'une personne mauvaise, c'est-à-dire d'une personne par laquelle le mal se manifesterait, mais du mal comme tel, du mal même. On peut se demander pourquoi cette figure du mal ne se présente pas dévoilée, pourquoi elle porte un masque, pourquoi elle essaie de ne pas présenter à l'autre son véritable visage. À chaque apparition / disparition, Michael Myers se montre masqué, et quand, à la fin, Laurie Strode lui arrache le masque, il le remet immédiatement – comme s'il ne voulait pas être Michael Myers, mais autre chose - quelque chose d'immobile, de fixe, d'impénétrable, à la limite de l'inhumain. Quoique personnifié, le mal reste caché. Il dissimule sa véritable figure tout en exhibant son corps et en toisant le corps des autres – qu'il observe à la manière dont un scientifique observe des insectes. Contempler ses victimes avant de les tuer est pour lui une nécessité, un moment unique de jouissance. Inversement ceux qui l'aperçoivent ont immédiatement peur. Ils devinent instantanément qu'il est dangereux, maléfique. Le docteur : "Je l'ai regardé pendant 15 ans, assis dans une pièce, regardant un mur, ne voyant pas le mur, regardant au-delà du mur, regardant la nuit, inhumainement patient, attendant un avertissement secret, silencieux, pour se mettre en route". Le mal est calme, il ne parle pas mais respire bruyamment, ce qui est pire que le silence. Il n'est pas lié par le temps, peut attendre autant qu'il le faut. Il n'a qu'un but : tuer – mais pas n'importe qui ni n'importe comment. Ce n'est pas pour lui un fantasme, c'est un objectif concret.

Le docteur sait qu'il se rendra directement dans la maison, sa maison, celle où il vivait avec Judith et ses parents dont les silhouettes passives sont montrées au début du film. Revenu, comme il se doit, sur les lieux du crime, à la date anniversaire du crime (Halloween), il se saisit des occasions qui se présentent (les trois adolescentes qui sortent du collège), sans jamais s'éloigner du meurtre le plus important, celui qu’il a prémédité : Laurie, sa demi-sœur (un lien familial révélé dans la suite de la franchise), la plus sage, la meilleure élève. Il arrive juste au moment où le père de Laurie a décidé de mettre en vente la maison abandonnée. Pour que les visiteurs puissent entrer, Laurie met la clef sous le paillasson. Michael ne veut pas qu'on touche à cette maison, il ne veut même pas qu'on s'en approche. Bien qu'ayant vécu en hôpital psychiatrique pendant toutes ces années, il connaît beaucoup de choses. Il sait conduire une voiture, il sait provoquer l'angoisse en jouant du temps et de l'espace, il sait que dans une petite ville toutes les portes sont ouvertes. Il fallait bien qu'il ait prémédité pour aller dans un magasin dérober exactement ce qu'il lui faut (un masque, des couteaux, une corde), il le fallait pour qu'il pense à déterrer au cimetière la pierre tombale de Judith et mettre en scène, dans une parodie de crucifixion, la mort de Lynda et de son ami Bob. Faire en sorte que les autres meurtres ne soient que la répétition du premier est une façon d'affirmer son droit, sa volonté, sa souveraineté. Michael Myers, c'est l'irruption du mal en tant que souverain légitime, dans un monde qui croyait en sa disparition.

 


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zm.Carpenter.1978

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