Derrida
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Sources (*) : CinéAnalyse : En préservant l'ouverture de l'avenir               CinéAnalyse : En préservant l'ouverture de l'avenir
Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Guilgal, 1988-2019, Page créée le 30 décembre 2021

 

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Julie (en 12 chapitres) (Joaquim Trier, 2021) - Il faut garder l’avenir ouvert, sans préjuger de ses conséquences ni s’enfermer dans une définition préalable du bien et du mal

   
   
   
                 
                       

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Julie ne veut pas se laisser enfermer dans une position, une place, un rôle. Il faut qu'elle change, qu'elle trouve un autre métier, un autre lieu, un autre homme. Tout se passe comme si, pour elle, à tout moment, il devait pouvoir s’ouvrir un autre chemin, un autre frayage. Elle fait des études de médecine, puis elle passe à la psychologie, à la photographie. Elle rencontre Andres, auteur de bandes dessinées, un homme qui lui plait, lui correspond, et décide soudainement de le quitter. Faire un choix, s’arrêter quelque part, ce serait pour elle une trahison, un échec ; alors elle continue. Il faut qu’une autre décision puisse survenir. Elle-même ne la comprend pas toujours, n’en saisit pas toutes les conséquences, mais elle l’assume. L’important, pour elle, c’est de ne pas s’ennuyer, qu’une autre voie puisse se présenter. Son plus grand plaisir, sa jouissance majeure peut-être, c’est le moment où elle décide de s’y engager ou pas. En procédant ainsi, elle ne sombre pas dans l’indécision, elle préserve autant que possible sa capacité à maintenir en jeu l’essence de la décision. Pour qu’elle reste elle-même, il faut que cela reste ouvert, jusqu’au moment où c’est son corps qui entre en jeu et prend la décision à sa place : la fausse couche. Elle tombe enceinte, se demande si elle va ou non garder l’enfant, mais n’a pas le temps de choisir, elle perd l’enfant, puis fait comme d’habitude, en tire les conséquences, se sépare du géniteur. Ce n’est pas seulement l’enfant qui est perdu, c’est aussi la croyance naïve en son pouvoir de décision. Il arrive que ça tranche sans qu’elle n’y soit pour rien, et ce moment, pour elle, est la fin d’une certaine adolescence. Elle se rapproche de son ancien amant, Andres, sur le point de mourir. Tu as été mon seul amour, lui dit Andres, et cet amour, ce sera désormais à elle seule de le porter.

 

 

Le titre original du film, traduit du norvégien, est : la pire personne du monde. C’est une jeune femme qui prend ses décisions sans tenir compte du bien et du mal. Cela vaut pour les autres et aussi pour elle-même. Elle peut se séparer d’Andres, refuser de lui donner les enfants dont il rêve. Elle peut abandonner ses études, renoncer à un métier, une sécurité, une famille, un logement stable, tout ce que la société qualifie de « bien ». Au nom d’une autre possibilité à venir, incertaine, imprévisible, elle a le droit, le droit absolu, de se faire du mal à elle-même. Le film tente une explication de son comportement en montrant un père égoïste, narcissique, détesté et méprisé. Julie peut, à l’occasion, revenir chez sa mère ou dans la librairie où elle continue à travailler, mais aucune autorité pour elle n’est légitime. Dans l’un des derniers plans du film, à l’issue de quatre années d’errance, on la voit exercer l’un des métiers qu’elle avait envisagé d’apprendre (photographe). On la voit aussi regarder par la fenêtre l’un de ses anciens amants s’occuper d’un enfant. En aurait-elle fini avec l’adolescence, reviendrait-elle à la normale ? Le film appartiendrait alors à un genre : le récit du devenir-adulte, de l’accès à la maturité. Mais ce n’est qu’une possibilité, il y en a encore une infinité d’autres. La figure de Julie continue à incarner pour nous une autre éthique, en-deçà et au-delà du bien et du mal.

 


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2021.TR.IER

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Rang = YTrierJulie
Genre = MH - NP