Derrida
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Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
                   
Sources (*) :              
Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Guilgal, 1988-2019, Page créée le 1er novembre 2020

 

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Gone Girl (David Fincher, 2014) - Le fantasme d'un calcul de femme qui fait du couple la marionnette d'elle-même

   
   
   
                 
                       

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Il n'y a aucun réalisme dans ce film, aucun cinéma du réel. C'est une sorte d'abstraction cinématographique : ce qui pourrait s'imaginer quand un mariage tourne mal, ou bien : les fantasmes d'une femme qui en veut aux hommes. N'oublions pas que le livre qui a inspiré le film a été écrit par une femme, Gillian Flynn, qui a adapté elle-même son texte pour le cinéma. Une Amy imaginaire imagine ce qu'elle aurait pu faire si elle avait voulu se servir de ses armes pour prendre sa revanche en dominant les hommes et (pire encore) en les ridiculisant auprès des médias. À cela s'ajoute un exhibitionnisme latent : comme si toutes les chaînes de télé se passionnaient pour une histoire de couple, comme si elles n'avaient rien d'autre à faire que de mettre en scène la dislocation ou la restauration apparente de ce couple par l'effet de l'arme par excellence des femmes vengeresses : une grossesse. Forcer le mari à reconnaître l'enfant, l'obliger à rester dans le couple pour jouer le rôle de père.

Ce genre de cinéma se situe d'emblée sur un métaniveau. Il montre sa capacité de fiction : une histoire invraisemblable qui est celle de la mise en boîte d'un film auquel on ne demande pas au spectateur de croire, mais seulement d'interpréter. Il y a les interprétations manifestes vers lesquelles on vous conduit, et d'autres qui sont plus involontaires, latentes, que probablement le réalisateur dénierait [on pourrait comparer avec des cinéastes assez différents de Fincher, comme Raul Ruiz ou Le Ciel du Centaure (Hugo Santiago, 2015)].

 

 

Depuis toujours, Amy a calculé sa relation à l'autre. Elle est elle-même le résultat d'un calcul : ses parents écrivains, auteurs à succès de livres pour enfants dont l'héroïne est Amazing Amy. L'argent dont elle dispose dans sa relation de couple avec Nick, c'est le résultat de sa propre marchandisation par ses parents. Toute sa vie est ensuite réductible à un calcul : un calcul fait femme, une femme qui n'est rien d'autre que la somme de ses calculs. Le film est construit autour de cette machinerie apparemment misogyne : c'est l'anti #metoo, plusieurs années avant l'apparition de #metoo, comme s'il fallait dire à l'avance : méfiez-vous de ce que vont dire les femmes.

C'est un film qui pose de manière particulièrement cruelle la question du libre arbitre. Amy est dans la position de Dieu, tandis que Nick, qui se croit libre, ne décide de rien. Rien n'arrive dans ce film qui n'ait pas été strictement causé, calculé, à une exception près (très importante, comme toute exception) : quand Amy se fait voler son argent. En jouant au golf miniature, elle montre par erreur sa bourse. Sa voisine de chambre, qui n'était pas dupe de son déguisement (tout ce qu'il y a de plus amateur) comprend qu'elle ne cesse de mentir et qu'elle n'appellera jamais la police. C'est ce qui conduit à contacter son premier petit ami, Desi. La faille a eu lieu, son pouvoir a été nié, mais elle réussit à se rattraper.

Résumé (Wikipedia) :

5 juillet 2012. Voici près de 2 ans que Nicholas "Nick" Dunne et son épouse Amy ont quitté New York pour s'installer dans une petite ville du Missouri. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Amy disparaît mystérieusement et Nick retrouve la table de salon pulvérisée. En conférence de presse, il est incapable de jouer le rôle conventionnel que l'on attend de lui. Il ne paraît pas affecté outre mesure par la disparition de son épouse. Il ne souligne pas combien elle était merveilleuse, combien elle était semblable à « l'épatante Amy », personnage à peine fictif que les livres des parents de la jeune femme ont rendu célèbre1. Nick semble peu préoccupé par cette affaire qui suscite une profonde émotion dans tout le pays. Une animatrice télé à scandale a tôt fait de le désigner comme le meurtrier de sa femme. Or, la peine de mort est en vigueur dans le Missouri.

Les révélations des uns et des autres vont fissurer peu à peu les apparences, au gré des points de vue, accréditant d'abord la culpabilité de Nick. Le couple parfait était fêté, admiré dans le petit monde factice de Manhattan2. Il s'est délité après que mari et femme ont perdu leur emploi, victimes de la crise. La brillante New-Yorkaise a accepté sans rechigner de suivre Nick dans une petite ville du Missouri. Le séducteur habile y est devenu un mari indolent, peu attentionné, consacrant ses journées à boire dans son bar que gère sa sœur jumelle Margo, à jouer aux jeux vidéo, et ses nuits à une toute jeune maîtresse, Andie Fitzgerald, une de ses élèves de cours d'écriture créative à la faculté. Il s'est montré violent à l'égard de sa femme, au point qu'elle pense à acheter un revolver. Les parents d'Amy ont connu eux aussi un revers de fortune, en se faisant lâcher par leur éditeur, et Amy a dû sacrifier toutes ses économies pour les tirer d'embarras.

Nick enquête sur deux anciennes liaisons d'Amy. Il découvre deux vies brisées. D'abord, Tommy O'Hara lui révèle de quelle femme machiavélique il est l'époux : Amy sait fabriquer les faux indices qui montrent l'amant comme un violeur, et Tommy traîne maintenant une étiquette de délinquant sexuel qui lui interdit à tout jamais de prétendre à un emploi. Nick retrouve aussi Desi, un riche héritier. Ancien flirt d'Amy, il a mal vécu leur rupture. Amy a obtenu contre lui une ordonnance restrictive.

Mais la réalité décrite dans le journal intime d'Amy n'est que mensonge : Amy est vivante. Pour se venger de l'indifférence et de l'infidélité de Nick, elle a simulé son propre assassinat. Elle a répandu son sang sur le sol, puis l'a nettoyé sans zèle excessif, pour que la police en décèle le spectre au luminol. Comme pour chacun de leur anniversaire de mariage, elle met en place un jeu d'énigme pour ne pas être soupçonnée. Amy se cache dans un camping. Dépouillée de tout son argent par deux oisifs, elle reprend contact avec le riche et candide Desi, qui la met à l'abri de son mari dangereux dans une résidence secondaire isolée.

L'avocat Tanner Bolt devine que tôt ou tard Andie, la jeune maîtresse de son client, va révéler sa liaison à une animatrice de télévision acharnée à conduire Nick à la potence. Nick doit leur couper l'herbe sous le pied en avouant tout sur une chaîne concurrente. Mais c'est Andie qui passe la première à l'antenne. Contre l'avis de son avocat, Nick décide de s'exprimer quand même : il affirme publiquement ne pas avoir tué son épouse modèle, admet ses fautes en tant que mari et n'aspire qu'à retrouver Amy, dans l'ambition d'un nouveau départ. Il réussit là un magistral mea culpa qui retourne sur-le-champ l'opinion publique, mais qui a surtout un effet inattendu : Amy décide de reprendre le cours paisible de sa vie auprès de lui. Afin de présenter une explication valable à sa disparition, elle égorge Desi en plein orgasme et se présente couverte de sang au domicile conjugal qu'encercle toujours la meute des journalistes. Ayant pris soin de multiplier les faux indices, Amy peut accuser Desi d'enlèvement avec violence, de séquestration et de viol, et invoquer la légitime défense.

Connaissant les antécédents de son épouse, Nick n'est pas dupe, mais les caméras sont là, il est sous le feu du jeu médiatique et d'une opinion publique versatile, prisonnier des apparences. C'est avec une certaine appréhension qu'il entre à la suite d'Amy dans leur maison. Il tient à faire chambre à part, en s'enfermant à clef, craignant son épouse qu'il ne reconnaît plus.

Amy lui avoue le meurtre délibéré de l'innocent Desi, meurtre justifié par les bonnes résolutions de Nick. Par la suite, elle lui apprend qu'elle attend un enfant de lui, grâce à du sperme congelé datant d'une époque où ils envisageaient la procréation assistée.

Nick confère avec sa sœur, son avocat et l'inspectrice chargée de l'enquête. Tous admettent l'absence de légitime défense. Mais rien ne permettant de prouver la culpabilité d'Amy, la justice ne peut que se contenter des apparences. Puisqu'il ne veut pas abandonner son enfant, Nick n'a d'autre solution que de rester auprès de son épouse.

 


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zm.Fincher.2014

Rang = YFincherGoneGirl
Genre = MH - NP