Derrida
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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
Avec Caïn commencent la dette, l'échange, l'économie                     Avec Caïn commencent la dette, l'échange, l'économie
Sources (*) : Caïn, Abel               Caïn, Abel
Pierre Delain - "Miqra, plus d'une lecture", Ed : Guilgal, 2016-2020, Page créée le 26 juin 2020

[Caïn ignore le sacrifice animal; le cercle infini, interminable, de l'échange, de la dette et de l'économie en tient lieu pour sa descendance]

   
   
   
                 
                       

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Au départ Caïn est un cultivateur pacifique, végétarien. Quand Dieu lui demande une offrande, il ne peut pas imaginer qu'il soit nécessaire de tuer un vivant pour cela. Il donne une partie de sa récolte, des végétaux, mais ce don, du point de vue de Dieu, n'est pas un véritable sacrifice. Pour qu'il y ait sacrifice, il faut qu'une vie s'arrête par un geste violent, que le sang coule. Caïn l'ignore, on ne le lui a jamais dit, et quand Dieu rejette son offrande, il se tourne vers son frère mais celui-ci ne lui dit rien, ne lui répond pas. Au rejet de Dieu s'ajoute un silence insupportable de celui qui est quand même son frère jumeau. Il accomplit alors un acte irraisonné, pulsionnel : mettre fin à une vie. Après tout c'est ce qu'on lui demandait. Au premier sacrifice animal fait par Abel, succède un sacrifice humain. Caïn est pris dans une logique qui le dépasse : incompréhension, honte, culpabilité, dette, châtiment pour lui-même et ses descendants. Chassés de la terre que leur aïeul cultivait, ceux-ci créent des villes, des lieux d'échange, d'économie. N'ayant aucune proximité avec Dieu (sacrifice = korban = proche) et ne s'intéressant qu'à la circulation des objets, ils inaugurent un autre genre de dette : endettement matériel ou monétaire, symbolique ou psychologique. La culpabilité consécutive au meurtre d'Abel se transforme en échange avec autrui. Ils sont capables de sophistiquer cet échange par l'artisanat, voire le plaisir de la musique, mais ils ne vont pas jusqu'à produire des œuvres. Leurs pratiques d'échange ne dépasse pas la reproduction de la vie, le vitalisme. C'est une circularité de type roue ou ellipse : à force de multiplier les rotations, on finit par arriver ailleurs, mais il n'y a pas vraiment de changement. Cet ailleurs est un voyage infini, une errance. Le cercle revient sur lui-même, il ne se ferme jamais, jusqu'au moment où Dieu arrêtera cette fuite avec le déluge - un arrêt relatif car la dette de Caïn n'est pas soldée, elle se prolonge par l'intermédiaire des géants qui se seraient unis avec des descendantes de Caïn.

La première faute ou erreur, celle d'Eve, ouvrait un premier cercle : celui de la connaissance ou du savoir, un savoir glouton incapable de s'arrêter (jusqu'à aujourd'hui). La seconde faute entame une seconde circularité interminable, celle de l'économie. Dans les deux cas, il n'y a jamais d'apaisement. Ils pensent que leur accumulation est légitime, mais inconsciemment ils sont poussés par la honte, la culpabilité.

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Propositions

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Il n'y a pas un péché originel, mais deux : pour Caïn, ne pas avoir préféré le sacrifice animal, ne pas avoir offert la chair sacrificielle

 


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