Derrida
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook Le cinéma en déconstruction, suivre sur Facebook

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
Sur des films (rémanences)                     Sur des films (rémanences)
Sources (*) : CinéAnalyse : Il faut que je te porte               CinéAnalyse : Il faut que je te porte
Pierre Delain alias Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Guilgal, 1988-2019, Page créée le 21 mars 2020

 

-

Vertigo (Alfred Hitchcock, 1957) - Tu es morte, ton monde a disparu, il faut que je te porte

   
   
   
                 
                       

Pour l'acqurir, cliquez

sur le livre

logo

 

Une autre réécriture de l'histoire :

John Ferguson doit abandonner son métier de détective car il souffre de vertige. Elster utilisera cette infirmité pour concevoir le crime parfait (thème récurrent chez Hitchcock). Il utilise les services d'une belle jeune femme un peu pute, Judy, pour jouer les folles. Judy joue parfaitement son rôle et fait semblant de se suicider tandis que Elster précipite par le clocher de la vieille église le corps de sa véritable épouse Madeleine (dont il récupère la fortune).

Il y a trois femmes : Carlotta Valdez, morte en 1857 à l'âge de 26 ans. Madeleine, supposée folle, se serait imaginée être Carlotta, elle aurait voulu se suicider au même âge, mais en réalité, elle a été assassinée par son mari, à l'âge de 26 ans. Judy, qui joue le rôle de Madeleine et finira par se suicider pour de vrai. John Ferguson croit que Madeleine se prend vraiment pour Carlotta et veut la guérir (il se prend pour un psychanalyste). Il se trompe deux fois sur Judy : une fois en la prenant pour Madeleine, et une autre fois en croyant qu'elle n'est pas Madeleine, et en voulant faire d'elle une imitation de Madeleine. Mais c'est lui qui imitera Elster, en poussant Judy au suicide. De plus en plus vindicatif, il passe du statut de victime au statut de bourreau

Le plan d'Elster bute sur un double amour : celui de John pour Madeleine, qui fait que l'affaire n'est pas oubliée. Celui de Judy pour John. John et Judy ont un point commun : ils veulent revivre cette belle histoire. Mais le fantôme dont John était amoureux est définitivement mort, et Judy est incapable de jouer pour de vrai le rôle de Madeleine, sauf au moment où elle la rejoint dans la mort.

En définitive, John-Scottie, ce vieux célibataire, n'aura pu tomber amoureux que d'une morte.

 

 

On peut interpréter ce film extraordinairement multidimensionnel et complexe en privilégiant une de ses dimensions. Ce serait ici celle d'un monde dont John Ferguson voudrait passionnément se faire le le héros, avant de se rendre compte qu'il est en définitive le seul à le porter.

Carlotta est devenue folle après avoir été rejetée par le père de sa fille. On lui a volé son enfant, sa vie, son monde et elle a elle-même mis fin à sa vie. Elle est sans monde, mais elle a laissé quelques traces : un tableau dans un musée, un immeuble construit pour elle, un certain type de bouquet, des bijoux, une coiffure en forme de vortex, (coiffure vertigineuse qui ne peut que fasciner John), des récits que racontent encore quelques érudits. Le monde de Carlotta a disparu, elle est sans monde. Dans le récit que raconte Elster, Madeleine l'aurait fait venir, elle l'aurait portée dans son monde à elle - mais c'est un mensonge. Ce qui arrive dans le film, c'est que John, tombé amoureux de Judy, fait venir dans son monde à lui (son fantasme, son imaginaire) à la fois Carlotta, dont il sait qu'elle a disparu, et Madeleine, dont il ne sait pas qu'Elster l'a tuée. Judy est le corps la figure qui cache ces deux personnes disparues, que John doit porter dans ce monde. On tombe dans la situation où le vers de Paul Celan repris par Jacques Derrida, die Welt ist fort, ich muss dich tragen, peut s'incarner.

C'est un film sur l'identité, sa perte et son dédoublement. Madeleine/Judy sont une seule et même personne, tandis que John Ferguson est partagé entre un être raisonnable et un être qui croit aux chimères. Son vertige est lié à cette dissociation. Mais par ailleurs John Ferguson s'ennuie et n'a aucune place dans la société. Cet épisode lui donne l'occasion d'être ce qu'il voudrait être.

On n'échappe pas à son destin! dit le film (ni à la répétition). John Ferguson est parti du vertige et d'une impuissance à sauver ceux qui se jettent du haut d'un immeuble. Son destin l'y reconduit par deux fois, avec la femme qui l'aime. Il lui arrive donc trois fois d'être incapable de sauver ceux qui sont à sa place (à la place de son collègue qu'il n'a pas réussi à sauver). Triple boucle. Il se remet trois fois dans la même situation d'échec.

Résumé de Vertigo, dont le titre officiel français est Sueurs froides, d'après Wikipedia (consulté le 21 mars 2019).

À San Francisco, John Ferguson (dit Scottie) est un ancien policier qui vit de ses rentes. Lors d'une tragique course-poursuite sur les toits, un collègue est mort en lui sauvant la vie. Rongé par la culpabilité, Scottie est devenu acrophobe [peur extrême et irrationnelle des hauteurs] et a quitté son métier. Il entretient une relation devenue amicale avec Marjorie Wood dite « Midge » (Betty dans la version française), toujours éprise de lui.

Un jour, l'un de ses anciens camarades d'études, Gavin Elster, le contacte pour qu'il suive Madeleine, sa jeune épouse de 26 ans. Il la croit possédée par l'esprit de son arrière-grand-mère maternelle Carlotta Valdes, abandonnée par son amant et morte désespérée, au même âge qu'elle, un siècle plus tôt. D'abord hésitant, Scottie accepte. Au cours de patientes filatures il constate, intrigué et séduit, que Gavin dit vrai. Madeleine va se recueillir sur la tombe de son aïeule. Elle passe de longues heures au musée, devant un portrait peint de Carlotta. Elle s'identifie même à elle en adoptant sa coiffure, en portant ses bijoux passés de mode - dont un pendentif orné de trois pierres rouges - et en achetant un bouquet de fleurs analogue à celui du modèle. Elle a loué une chambre dans l'ancienne demeure de la défunte, devenue un hôtel. Un jour, Madeleine se jette, désespérée, dans la baie de San Francisco. Scottie la sauve de la noyade et la ramène chez lui. Ils nouent connaissance et tombent amoureux. Mais victime d'un nouvel accès de dépression, la jeune femme se rend dans une ancienne mission catholique espagnole qu'elle a fréquentée dans son enfance. Elle grimpe au sommet d'un clocher. Paralysé par son acrophobie, Scottie ne peut avancer qu'à mi-hauteur. Madeleine se jette dans le vide et s'écrase sur le toit. Un procès a lieu, à l'issue duquel ni Scottie ni Gavin ne sont reconnus coupables.

Après une hospitalisation pour dépression nerveuse, Scottie retourne sur les lieux qu'il a fréquentés avec Madeleine. Il croit la voir partout. Puis il croise Judy (Lucie dans la version française). Bien qu'aussi rousse que la disparue était blonde, elle possède ses traits. Fasciné, il la suit jusqu'à la chambre d’hôtel où elle vit, puis l'aborde. Malgré les réticences de Judy, ils entament une relation. Scottie cherche à la transformer en Madeleine. Il lui achète un tailleur identique et lui fait teindre les cheveux en blond. Affligée, Judy le laisse faire car elle s'est éprise de lui. Un soir où le couple s'apprête à sortir, Judy noue autour de son cou un collier où Scottie reconnaît le bijou que Carlotta arbore sur le portrait du musée. Il comprend alors subitement qu'il a été victime d'une cynique machination. Gavin souhaitait se débarrasser de son épouse légitime, Madeleine, qu'il avait reléguée à la campagne. Il avait engagé Judy - qui ressemblait à sa femme - pour jouer le rôle de l'épouse dépressive. Il s'était rendu dans le clocher, avec le corps de sa femme dont il avait précédemment brisé la nuque. Lorsque Judy avait atteint seule le sommet, il avait précipité le cadavre de Madeleine pour simuler un suicide dont Scottie serait témoin. Ensuite, il avait demandé à Judy de disparaître, en achetant son silence contre une somme d'argent et - fatale erreur - en lui offrant en prime le pendentif de Carlotta.

Scottie emmène Judy dans l'église où Madeleine s'est prétendument suicidée. Surmontant son vertige, il l'entraîne en haut du clocher pour lui faire avouer la supercherie. Mais attirée par leurs éclats de voix, une religieuse surgit. Effrayée par cette apparition fantomatique, Judy se jette dans le vide et meurt.

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
 
 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Guilgal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Films
CinemaChrono

1957.HI.TCH

CinePorter

HD.LKD

zm.Hitchcock.1957

Rang = ZHitchcockVertigo
Genre = MH - NP