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Pierre Delain alias Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Guilgal, 1988-2019, Page créée le 24 août 2018

 

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The Strange Thing About the Johnsons (Ari Aster, 2011) - Pour échapper au jugement, il ne suffit pas que l'autre prenne sur lui tout le poids de la faute

   
   
   
                 
                       

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Il se passe quelque chose de bizarre chez les Johnson. Quoi? A première vue, c'est une histoire d'inceste père/fils, déjà perturbante car peu courante. Mais quand on y réfléchit, il y a un deuxième aspect particulièrement opaque. Qui a séduit qui et qui a violé qui? A l'âge de 12 ans, le fils Isaiah se masturbait devant une photographie du père, Sidney, torse nu. A ce moment, on a l'impression que Sidney ignore les désirs homosexuels de son fils. Il essaie de le tranquilliser sur un ton paternel qui rassure aussi le spectateur. Comment est-on passé à la scène suivante, quatorze ans plus tard, où c'est le fils qui pratique sur son père une fellation? Est-ce le père qui a séduit, voire violé son fils, ou est-ce le fils qui a obtenu cette faveur de la part du père? Le fils ne se sent pas coupable, il ne cesse de dire à son père rongé par le remord : Papa je t'aime. Et plus on avance dans le film, plus Isaiah a d'autorité sur Sidney. Le père est malheureux, désespéré, il n'arrête pas de s'excuser et le fils donne des ordres. Le père est entré dans la dépendance de son fils, et il doit s'en excuser auprès de sa femme.

Il y a inversion de quelques schémas courants : inceste père / fils et non pas mère / fils, tentative de matricide et non pas de patricide, "victoire" finale de la mère qui reste seule avec sa fille. Le père étant mort par accident suicidaire, il n'a pas été tué, contrairement au fils. [A noter que la fille n'a pratiquement aucune place dans l'histoire. Comme dans le film de Nuri Bilge Ceylan, Le poirier sauvage, seule la mère peut s'intercaler dans la relation père/fils, sans grand succès].

Un tel film n'a pu être imaginé qu'à une époque où les genres sont plus plastiques que jamais. Que se passe-t-il quand, pour un fils, la mère n'est plus l'objet de désir, mais c'est le père?

 

 

Le moment de culbute est celui où le père se confesse. L'écriture est son métier, il est poète, alors il écrit un texte, un long texte, tout un livre, un gros livre pour se raconter. Il veut se confier à sa femme, son épouse qu'il a abandonnée. Mais le fils intercepte le texte et lui ordonne de le détruire. Le fils ne supporte pas la confession, il l'interdit littéralement. Le père voudrait partager sa culpabilité, mais le fils refuse. C'est toi le coupable, lui dit-il, et uniquement toi, et c'est à toi de porter cette culpabilité, à personne d'autre. Isaiah menace son père des pires conséquences s'il ne détruit pas le document - on verra plus tard que cet ordre n'aura pas été exécuté. D'ailleurs indépendamment de cette confession, Joan, la mère était déjà au courant. Elles les a vus par le trou d'une serrure - à ce moment son fils, qui donnait la fellation, était à sa place à elle (elle a des raisons d'être jalouse - c'est peut-être pour ça qu'à la fin elle tue son propre fils, transformé en rival). Peut-être la mère voulait-elle simplement maintenir une façade de moralité. En tous cas, quand le père se tue (volontairement ou involontairement, c'est ambigu), elle considère que c'est le fils qui est coupable. Elle l'accuse, mais lui refuse de s'excuser. Alors ils se battent, et finalement dans ce combat, c'est la mère qui tue le fils. Elle finit en larmes, regrettant le père qu'elle continue à aimer.

On peut trouver l'origine de ce drame dans la scène d'introduction. Le père ayant surpris son fils en pleine masturbation, ne le dispute pas mais au contraire le félicite presque, il lui donne sa bénédiction, sans savoir que le fils ne se masturbait pas devant une image de fille, mais devant son image à lui, le doigt tendu comme pour lui donner un ordre. Objet de bénédiction, le fils a l'impression d'exécuter les ordres du père quand il se masturbe (auto-érotisme), et quand aussi quand il le masturbe, lui (hétéro-érotisme). On pourrait dire, dans les termes de la psychanalyse, que c'est l'origine de sa perversion.

Et voici un film qui semble transgresser toutes les règles, mais qui, en son fond, est profondément chrétien. C'est une histoire de faute, de dette, de culpabilité et de châtiment. Le père est un Christ qui accepte de prendre sur lui toutes les fautes, les siennes et celles de toute la famille, jusqu'au sacrifice, tandis que le fils a l'impression d'être à l'abri, car il aura toujours payé sa dette. Mais le jugement dernier arrive plus vite que prévu, autrement, par le bras vengeur de sa mère.

Résumé Wikipedia, en anglais.

Sidney, an acclaimed poet, accidentally interrupts his twelve-year-old son, Isaiah, masturbating. He apologizes and reassures him that the act is natural. Sidney does not realize that Isaiah had been masturbating to a photograph of him.

Fourteen years later, during Isaiah's wedding reception, Isaiah's mother Joan discovers Isaiah about to perform fellatio on a visibly distressed Sidney. While Joan is in the shower one night, Sidney leaves a typed memoir under her pillow titled Cocoon Man: Confessions by Sidney Johnson, which chronicles the years of sexual abuse he has endured at the hands of his son. Isaiah discovers the memoir before Joan can see it and confronts Sidney, telling him he will burn the memoir and that there will be consequences if another copy is discovered.

One night, after a New Year's party, Sidney is taking a bath with headphones on, not realizing that Isaiah is still in the house. After knocking and finding the door locked, Isaiah breaks it down. Joan hears the subsequent struggle, but raises the volume of the television. Isaiah is shown climbing out of the tub and off of his father before pulling his own pants back up. The next day, Sidney removes a secret copy of Cocoon Man from underneath the floorboards and attempts to leave the house with it, leading to another confrontation with Isaiah, who never returned to his own home. Sidney panics and runs out of the house and into the street where he is struck and killed by a van.

After Sidney's funeral, Joan approaches Isaiah and asks why Sidney cried for hours in the bathroom after Isaiah's prom night ten years prior. Isaiah becomes angered by Joan's accusation that he is responsible for his own father's death and the conversation escalates into a physical fight, which comes to an end when Joan kills Isaiah with a fire iron. The film ends with a copy of Cocoon Man shown being thrown into the fire and burning.

 


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2011.AS.TER

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JN.KKJ

zm.Aster.2011

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