Derrida
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook Le cinéma en déconstruction, suivre sur Facebook

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
L'écranophile en voix off                     L'écranophile en voix off
CinéAnalyse : Sur la Shoah, deuil irréparable               CinéAnalyse : Sur la Shoah, deuil irréparable
Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Guilgal, 1988-2019, Page créée le 31 octobre 2007

 

-

Essai sur le secret qui répond au secret

Un frère mort, disparu, peut gouverner une vie et peut aussi induire une philosophie ("Un secret", film de Claude Miller, 2007)

Essai sur le secret qui répond au secret
   
   
   
CinéAnalyse : En gardant le secret inavoué CinéAnalyse : En gardant le secret inavoué
                 
                       

logo

 

Ce film, inspiré par une histoire vraie, peut être pris à différents niveaux. Je vais me focaliser ici sur la question du frère mort, en la rapprochant de ce que dit Jacques Derrida de son propre clivage lié à l'existence d'un frère presque jumeau, disparu peu avant qu'il ait été lui-même conçu.

François est le résultat d'un croisement, d'un chiasme entre deux couples : son père Maxime survit à une première femme (Hannah) victime de la Shoah, et sa mère Tania survit à un premier mari mort du typhus. Les deux survivants ont un point commun : le sport. Ils se marient et donnent naissance à François, auquel ils cachent la vérité, y compris l'existence d'un demi-frère, Simon, fils de Maxime et de Hannah. Ce frère mort, disparu, fantôme, habitera les rêves de François jusqu'à l'âge de 15 ans, quand une voisine lui racontera la véritable histoire.

Avant de devenir psychanalyste, de se confronter professionnellement et institutionnellement à l'étrangeté, François aura vécu, en lui-même, les deux enfances. C'est le point commun avec Jacques Derrida tel qu'il se raconte. Car Jacques Derrida a eu un frère, mort très jeune un an avant lui, dont on lui a longtemps caché l'existence, et dont il explique à l'âge de 59 ans dans Circonfession qu'il a habité non seulement ses rêves, mais aussi sa philosophie, sa théorie (tous les bords de son œuvre). Au commencement, Dieu créa la duplicité, pourrait-on dire à propos de la pensée derridienne. Plus d'une notion est liée à cette duplicité fondatrice : la différance, l'hymen, la dissémination, etc... On a beaucoup reproché à Derrida sa façon d'être toujours à l'intérieur et à l'extérieur d'un système. Est-il freudien? heideggerien? levinassien? Réponse : les deux. Il n'est ni indécidé, ni hésitant, il est à la fois dedans et dehors. Et s'il en est ainsi, c'est parce que cette duplicité s'est nouée avant même l'origine, comme elle s'est nouée pour François avant sa naissance.

Cette posture dedans/dehors est aussi celle de François. Il est le jeune intellectuel chétif, malingre, aussi différent que possible de ses parents, et il est aussi Simon, son frère mort sportif, sûr de lui et habitant sans souci la lignée paternelle. Il est cet enfant baptisé, muet sous la culpabilité, incapable de parler à son grand'père, et il est aussi ce Juif fier, libre et droit devant la critique.

 

 

On retrouve, dans la position occupée par Hannah et Simon, le thème de l'effacement. Dès le premier matin du langage, la trace disparaît irrémédiablement (comme Simon), le personnage est confronté à sa propre disparition, c'est-à-dire au rien. Mais justement, c'est ce rien qui lui donne la curiosité de connaître, d'avancer et d'en ajouter toujours plus. Pour qu'il y ait du supplément, concept derridéen s'il en est, il a fallu d'abord l'effacement. La révélation du secret n'y change rien. Elle ne fait pas revenir les disparus, ni Hannah, ni Simon, ni la majorité des convives qui assistaient au mariage de 1936.

Dans le film, Hannah et Simon sont arrêtés pendant l'été 1942. A ce moment-là précisément, le jour de la rentrée scolaire, Jacques Derrida est expulsé de son lycée. Ses parents l'inscriront dans un lycée juif où il ne mettra jamais les pieds : une année d'école buissonnière qui structurera son identité. Exclu comme juif, il ne rejoint pas la communauté des juifs, mais ne renie pourtant pas son judaïsme. Il expliquera plus tard qu'un héritage n'est pas imposé : on le choisit. Ainsi François choisit-il d'avoir deux mères et plus d'un père. Il ne résoud pas ses contradictions, il vit avec tout ça qui vient en-trop, avec ces fantômes.

Résumé (Wikipedia).

Il s'agit de l'adaptation cinématographique du roman autobiographique Un secret de Philippe Grimbert paru en 2004 (titre primitif : Cimetière des chiens — Prix Goncourt des lycéens 2004 — Prix des Lectrices de Elle 2005).

François, petit garçon maigre et souffreteux, est le fils unique d'une mère nageuse qui le chouchoute (Tania) et d'un père lutteur taciturne (Maxime). Il se sent seul et s'invente alors un frère imaginaire plus beau, plus fort que lui, qui le console d'une vie tourmentée, émaillée de cauchemars.

Après s’être battu avec un camarade qui s'était moqué des juifs, Louise, une amie de ses parents, lui révèle un lourd secret : sa famille est juive, et il a eu un demi-frère, Simon, qui est mort en déportation avec sa mère Hannah, avant la naissance de François.

François apprend alors que lors du franchissement de la ligne de démarcation, Hannah s'est livrée à la gendarmerie, qui l'a arrêtée ainsi que son fils. Après la disparition d'Hannah et de Simon, Maxime a fini par s'unir à Tania. Ayant acquis la certitude que ni Simon, ni Hannah, ni son frère Robert (le mari de Tania) ne reviendraient, Tania et Maxime se sont mariés et ont donné naissance à François.

Devenu adulte, François révèle à son père que Hannah et Simon ont été gazés dès leur arrivée au camp d'Auschwitz. Enfin, Maxime se suicide, avec sa femme, en sautant du balcon lors de la fin de vie de Tania, diminuée.

François découvre un jour avec sa fille un cimetière de chiens dans la propriété de la famille de Pierre Laval. Il est bouleversé : Laval, responsable de très nombreuses déportations, a montré davantage de considération pour ses chiens qui ont eu, eux, droit à une sépulture (d'où le premier titre : Cimetière des chiens).

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
 
 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Guilgal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Films
CinemaChrono

2007.SE.CRE

IVChoa

GV.LLO

IVocalSecret

ES.LLE

CabrochaSecret

DH.LDF

zm.Miller.2007

Rang = YMiller_Secret
Genre = MH - NP