Derrida
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                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
Au cinémonde du Quai, chaque film, unique                     Au cinémonde du Quai, chaque film, unique
Sources (*) : Le cinéloft du Quai               Le cinéloft du Quai
Ouzza Kelin - "Les récits idviens", Ed : Guilgal, 1988-2018, Page créée le 20 février 2018

[(Cinéloft) : chaque film est un autre commencement unique, irremplaçable]

   
   
   
                 
                       

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--- Je suis parti d'une intuition, une intuition irrationnelle, injustifiée et, comme on dirait, peut-être, dans une certaine branche de la théologie, saturée (saturée car débordant toute cause et toute logique énonçable ou assignable), une intuition qui revenait à chaque fois que je voyais un film. A vrai dire je ne suis pas un cinéphile, je ne vois pas beaucoup plus de films que la moyenne, et mon savoir sur le cinéma est modeste, limité. En outre, j'ai de grandes difficultés à me souvenir, par exemple, des titres des films ou des noms des acteurs (je retiens un peu mieux ceux des réalisateurs, car j'ai tendance à les mettre, par abus de langage ou imprudence épistémologique, en position d'auteurs). Bref, mon intuition, c'est qu'il peut y avoir dans chaque film une assertion, un élement le plus souvent affirmatif, qui ne le résume ni ne l'explique en aucune façon, mais qui dit ce que, consciemment ou inconsciemment, je peux en dire. Si j'emploie ici le pronom personnel "je", c'est que cette phrase n'aurait pas pu être énoncée, en tous cas dans les mêmes termes, par un autre. C'est à la fois une interprétation et un secret, une profération que d'autres peuvent entendre et une part de mon intimité. C'est comme un film avait la faculté de produire une injonction, un commandement. Même les films les plus courants, banals, conventionnels, me donnent des ordres : par exemple qu'il faut rire ou pleurer, que je m'identifie ou que j'ai de l'empathie pour tel ou tel personnage. Mais je ne parle pas exactement de cela, je parle d'un effet inattendu, qu'il est impossible d'écarter d'un revers de main.

(Ozzy : A-t-on jamais eu l'idée d'un cimetière des films oubliés? D'un lieu où l'inestimable, la colossale production cinématographique réalisée depuis l'invention des frères Lumière trouverait une autre vie, une survie qui n'aurait rien à voir avec les circuits de distribution ni avec le partage légal ou illégal des copies numériques? Combien de films perdus, abandonnés, déchirés, détruits, que plus personne ne regarde, sont-ils toujours là, exigeant un retour? Même ceux dont il ne reste absolument rien, ceux qui n'ont pas laissé la moindre trace, ni sous forme papier, ni sous forme pelicule ou pixel, ceux qui sont désormais étrangers à toute forme visuelle, auditive ou sensorielle connue, même ceux-là qui prétendûment n'existent plus, résident dignement, indestructibles, dans ce majestueux cimetière).

--- L'effet pervers de cette intuition, c'est que j'ai tendance, pour chaque film, à rechercher cette phrase qui donnerait l'illusion d'un point central ou d'une clef. Le film ne se donne plus à moi gracieusement, dans sa complexité ou sa multiplicité inépuisables, mais il tend à se réduire à ce que j'en attends ou à ce que je pourrai en attendre une fois que cette réduction sera accomplie. Si je me laisse aller dans cette direction, j'aboutis à une catastrophe, une autre forme de destruction des films.

(Amarante : Nous sommes à la fois plus modestes et moins réalistes. Notre cour des miracles n'est qu'une fiction, un lieu imaginaire où tous les films, sans exception, ont droit de cité).

--- Ah! Il faut donc que ce travail ne se présente pas comme théorique ou interprétatif, mais comme une fiction.

(Nimos : J'ai toujours pensé qu'il pouvait arriver autre chose dans le Cinéloft : une transmutation, une transmigration où les âmes-films pourraient se déplacer selon des règles chaque fois renouvelées, se décomposer et se recomposer, se distribuer et se redistribuer (car, c'est bien connu, un film non distribué est déjà mort), qu'ils pourraient vivre une autre vie dans un monde qui porterait encore le nom de cinéma mais où, par une sorte de conversion ou de métamorphose, une réalité d'un autre type commencerait à surgir).

--- Si chaque film énonçait un principe absolument imprévu, chaque film serait un nouveau commencement. Je m'accroche à cette idée qui justifie à la fois ce mot, principe, qu'on pourrait entendre comme un fondement ou une origine (c'est-à-dire, comme chacun sait, le comble de la métaphysique), et les restrictions qu'on peut y adjoindre pour éviter tout effet princier, d'autorité ou de hiérarchie. Ce que nous enseigne le cinéma, c'est qu'il y a toujours plus d'un principe. Une fois cela affirmé et réaffirmé, je reviens aux films. Si chaque film fini, terminé, est un cadavre, alors ce qui nous incombe est un deuil. Si nous arrivions à surmonter ce deuil, nous passerions à autre chose et il ne resterait plus rien du film. Le film ne peut pas exiger de nous que nous le fassions vivre (c'est impossible), mais il peut exiger de nous que nous inventions, pour lui en tant que phénomène absolument unique, un deuil sans fin ou autre chose qu'un deuil, une survie endeuillée qui dure.

(Ozzy : Pour un film, la mort n'a rien de nouveau. Dès qu'on commence à imaginer le pitch, à écrire le scénario, avant même le casting, il n'est déjà plus qu'une trace, une trace de trace qui dit : "Je suis mort", et tout ce qui arrive après, toutes les dénégations de cette mort, ne sont que l'expression d'un désir ou d'un désespoir. On ne peut pas faire revivre le contenu d'un film. Du début à la fin, il n'y a que simulacre, tromperie).

--- Etymologiquement, imposer, c'est imputer à tort, faire croire une chose fausse, faire accroire, tromper, et c'est aussi frapper d'une peine, faire subir, faire accepter par contrainte. N'est-ce pas exactement ce à quoi nous expose un film? Il fait accepter une pression morale, produit des obligations, fait peser une charge, fait reconnaître un ascendant, impressionne. Mais comment pourrait-on rendre son dû à un cadavre? On ne peut pas échanger avec un film. On reçoit de lui un héritage sans réciprocité. Ces principes, on les reçoit sans obligation, comme un don.

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Propositions

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Traité de bave et d'éternité (Isidore Isou, 1951) : Le cinéma est un art discrépant, où sons, images, significations, etc., quoique simultanés, ne parviennent pas à s'accorder

- Ozzy : Tu viens ici pour la première fois?

- Danel : Oui.

- Ozzy : C'est le cinéloft du Quai, à la fois cinéma et autre chose qu'un cinéma. On s'attend à ce que toi aussi, tu contribues au film.

- Danel : Ah. Et comment?

- Ozzy : Justement, c'est à toi de le dire. Que fais-tu de ce film?

- Danel : Je n'en ai vu qu'un bout.

- Ozzy : Ça ne change rien. Le film ne t'a pas laissé inerte, tu dois en dire quelque chose.

 


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