Derrida
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                            NIVEAUX DE SENS :

                 
 
                     
                   
Sources (*) :              
Pierre Delain alias Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Guilgal, 1988-2019, Page créée le 16 janvier 2021

Toutes les nuits (Eugène Green, 2001) - Amours et amitiés convergent vers l'unique orpheline, leur destin, leur héritage

   
   
   
                 
                       

On n'imagine pas, dans le cours du film, qu'il se terminera par l'image de cette petite fille solitaire, élevée par un directeur d'école avec lequel elle n'a aucun lien biologique. C'est son beau-père, peut-être, que sa mère (Emilie) a quitté depuis longtemps. Le père biologique ne connaît même pas l'existence de cette fille, tandis qu'un autre homme, ami de la mère qu'il n'a jamais vue, ami du père qu'il n'a pas vu depuis longtemps, arrive pour jouer, peut-être, le rôle de père de substitution. Il n'y a pas qu'elle qui soit orpheline. Le constat du film, c'est que tous les acteurs sont orphelins, nous sommes tous des orphelins. On sait que les parents des deux amis, Henri et Jules, habitent dans le même village, mais on ne les voit jamais, et leurs rejetons se conduisent comme s'ils n'existaient pas. On sait que le père d'Emilie est un paysan normand, mais on n'entend que sa voix, et l'on ne voit de lui que sa tombe. Le directeur d'école, lui non plus, n'a pas d'autre famille qu'Emilie, qui s'en va. Cet effacement des généalogies contraste avec la [place majeure] de l'histoire dans le récit, la forte présence des églises, de la musique baroque et du christianisme dans l'histoire;. Ces personnages n'ont pas de famille, et le seul qui en crée une, Henri, le fait par ambition ou par arrivisme, en-dehors du récit proprement dit. Dans ce monde sans père ni mère, on ne peut échapper à l'errance.

Jules est plutôt soixante-huitard et Henri plutôt anti-soixante-huitard, mais ils appartiennent à la même époque. Ils pourraient fuir d'à peu près tout, sauf de leur époque.

Le film se termine par la fenêtre allumée de la chambre de l'orpheline. Jules s'en va, il la laisse seule dans cette grande maison. Le directeur l'a installée dans la chambre numéro 3 ou Henri et Emilie ont fait l'amour pour la première fois. Ce n'est pas l'endroit où elle a été conçue, c'est le lieu de la rencontre qui l'a rendue possible. Elle ne quitte pas ce lieu, qui n'est pas pour elle un lieu généalogique, un lieu de parenté, mais un lieu vide, un lieu d'abandon. Elle n'oubliera jamais cet entretien avec Jules qui lui permettra de construire la fiction de sa parenté, mais elle héritera en premier lieu de leur errance.

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Durant l'été 1967, Jules et Henri, deux amis d'enfance, passent leurs dernières vacances ensemble avant l'entrée en terminale. Le premier restera au pays, tandis que le second sera envoyé en pension à Paris. Henri devient l'amant d'Emilie Renaud, la femme du proviseur. Jules tombe amoureux de Lucie, jeune comédienne d'une troupe de théâtre.

 


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zm.Green.2001

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